17 lois américaines sur la crypto contre les banques centrales et la SEC
Dès son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, Donald Trump a lancé 26 décrets présidentiels (Executive Orders), dont 16 issus directement du « Project 2025 » de la Heritage Foundation, un think tank libertarien d'extrême droite. Loins de promouvoir une véritable dérégulation, l'administration Trump a utilisé délibérément le pouvoir étatique pour renforcer les acteurs privés – notamment Bitcoin et les entreprises crypto – par des mesures telles que des investissements de retraite controversés, le reclassement des cryptomonnaies en « matières premières numériques » et l'interdiction des monnaies numériques d'État, qui ne sert que les intérêts des lobbies.

Pour les geeks :
Dès le premier jour de son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, Donald Trump a signé 26 décrets présidentiels, dont 16 provenaient directement du « Project 2025 » de la Heritage Foundation, un plan d'extrême droite visant à restructurer l'État. Dès le troisième jour, le 23 janvier 2025, il a mis en place par décret un « Digital Assets Working Group » (groupe de travail sur les actifs numériques).
Ce groupe a conduit au décret instituant une « réserve stratégique de Bitcoin » en mars 2025, par lequel l'État américain soutient indirectement le cours du Bitcoin. En juin 2025, un nouveau décret a imposé les investissements en cryptomonnaies dans les plans de retraite et les fonds de pension, comme les comptes 401(k), offrant ainsi au Bitcoin plus de 90 millions de demandeurs potentiels. Pourtant, les investissements en Bitcoin ne répondent pas aux critères ESG des fonds de pension, qui continuent de privilégier les placements « verts ». Ici, l'État s'oppose délibérément à la conscience environnementale du secteur privé – uniquement pour faire monter le cours du Bitcoin.
Les lois crypto adoptées sous l'administration Trump ne peuvent en aucun cas être qualifiées de « dérégulation » et ne correspondent pas à la vision d'une monnaie numérique, décentralisée et indépendante de l'État. Le « GENIUS Act » (juillet 2025) autorise les entreprises privées à émettre des stablecoins – mais sous stricte surveillance étatique. Il s'agit donc d'une institutionnalisation de la création monétaire privée sous contrôle gouvernemental.
Le « CLARITY Act » (juin 2025) transfère la supervision des « crypto-commodities » de la SEC (Securities and Exchange Commission) à la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), créant ainsi le concept paradoxal de « matières premières numériques ». Les actifs cryptographiques doivent désormais être négociés comme des métaux ou des produits agricoles en bourse. Une restriction des compétences de la SEC et un simple reclassement, visant à donner une substance physique artificielle à des actifs virtuels – et ainsi créer l'illusion de stabilité et de tangibilité.
Enfin, le « Anti-CBDC Surveillance State Act » interdit à la Réserve fédérale (Fed) d'introduire une monnaie numérique de banque centrale (CBDC). L'État garantit ainsi aux acteurs privés le monopole des devises numériques – alors même que la Fed n'avait aucun projet concret de CBDC. Cette loi n'est qu'un engagement politique, porté par des organisations influentes comme l'America First Policy Institute, la Blockchain Association, Heritage Action et d'autres groupes de lobbying pro-crypto. Un État qui interdit ses propres cryptomonnaies, sous la pression des lobbies crypto. Ici, la « dérégulation » ne signifie pas le retrait de l'État, mais sa transformation en serviteur des intérêts privés.
En résumé :
L'administration Trump utilise le pouvoir étatique non pour libérer, mais pour rediriger le contrôle vers des acteurs privés, tout en maintenant une façade de « dérégulation ». Les lois crypto adoptées renforcent la surveillance étatique, limitent les alternatives publiques (comme les CBDC) et favorisent les intérêts des lobbies, au détriment de l'esprit originel de décentralisation et d'indépendance des cryptomonnaies.